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J. Edgar, biopic de Clint Eastwood. Avec Leonardo DiCaprio, Naomi Watts, Armie Hammer, Judi Dench...
La note de Tranches de Ciné : 4,5/5
Le pitch : A 24 ans, J. Edgar Hoover (L. DiCaprio) devient directeur adjoint du FBI. Dès lors, il va poursuivre son ascension jusqu'au poste de directeur du FBI. A la fois craint et respecté, Hoover est devenu le symbole de la lutte contre le crime aux Etats-Unis. Mais derrière tout grand homme se cachent des secrets.
La critique : Un biopic sur J. Edgar Hoover est sans aucun doute un défi car il s'agit ici de parler de l'homme connu de tous mais également de qui il était en dehors du FBI. Or, quand on sait la complexité de sa vie publique, on devine la difficulté à saisir sa vie privée. Fort heureusement, c'est Clint Eastwood qui se charge de l'affaire.
Si Clint Eastwood a laissé derrière lui une carrière d'acteur qui peut faire des envieux, il faut également reconnaître que la casquette de réalisateur lui va à ravir aussi, et le cinéaste le prouve à nouveau ici. Si J. Edgar se démarque de ses précédents films dans le sens où il s'agit ici d'un biopic, on lui trouvera toutefois un air de famille. En effet, on retrouve sans problème la patte Eastwood dans ce film, cette façon si spécifique de filmer et de mettre en scène. Une atmosphère s'impose alors, rendant l'ambiance encore plus pesante qu'elle ne l'est déjà. Car il faut bien le dire, l'univers dans lequel vivait Hoover était particulièrement pesant, d'autant plus qu'il s'agissait d'un homme très particulier et qui est ici incroyablement bien présenté. On retrouve dans ce personnage cette rudesse qu'on lui connaissait, cette volonté de fer qui le rendait si impressionnant dès ses débuts au FBI malgré son jeune âge. On notera aussi qu'Eastwood choisit ici de raconter les événements de manière non linéaire, articulant ainsi le scénario autour de deux axes-temps : le passé et le présent (dans lequel Hoover raconte justement son passé mais poursuit également sa vie). Si l'idée n'est en soi pas mauvaise, on regrette la complexité qu'elle revêt par instants. Effectivement, il arrive qu'on ne sache plus trop parfois si l'axe-temps passé est toujours le même où s'il s'agit d'un retour en arrière autre. Malgré tout, on s'y retrouve facilement et cela ne gêne en rien à la compréhension du film.
S'il n'y a qu'un seul nom à retenir de ce film, c'est bien sûr celui de Leonardo DiCaprio, qui prouve une nouvelle fois qu'il est un excellent acteur. On en regrette de l'avoir si facilement caricaturé à l'époque de Titanic (James Cameron, 1997). Il incarne ici Hoover à la perfection, lui octroyant une gestuelle qui, même si elle n'est pas authentique, donne une identité claire au personnage. Nous découvrons par la même occasion Armie Hammer, qui interprète ici le personnage de Clyde Tolson. Déjà vu dans The Social Network (David Fincher, 2011) et bientôt à l'affiche de Blanche-Neige aux côté de Julia Roberts, cet acteur semble bien parti pour suivre une excellente carrière. Peut-être que je manque de recul à l'heure où j'écris ces lignes mais je crois qu'il n'y a pas grand-chose à lui reprocher. Il joue juste, sait faire passer les émotions par le visage et le regard et a une certaine présence à l'écran.
Clint Eastwood signe donc avec ce J. Edgar un biopic très intéressant qui, en plus d'être un très bon film, nous permet d'en apprendre un peu plus sur ce personnage que nous connaissons finalement assez peu en France.
Le "Oh, au fait !" :
Sur le tournage, lorsque Clint Eastwood croisa pour la première fois DiCaprio avec tout le maquillage et toutes les prothèses utilisées pour le vieillir, le réalisateur ne reconnut tout simplement pas l'acteur.
Leonardo DiCaprio, face aux difficultés financières rencontrées par la production, a accepté de réduire son salaire de 90%.