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Skyfall, film d'espionnage de Sam Mendes. Avec Daniel Craig, Javier Bardem, Judi Dench, Bérénice Marlohe...
La note de Tranches de Ciné : 5/5
Ce film est la suite de Quantum of Solace (Marc Forster, 2008).
Le pitch : La dernière mission de James Bond (D. Craig) tourne mal et 007 disparaît. En même temps, une liste d'agents infiltrés est divulguée au grand jour et le MI6 est attaqué. Bond resurgit alors d'entre les morts et devient pour M (J. Dench) le dernier allié sur lequel elle peut encore vraiment compter. 007 doit alors partir sur les traces de Silva (J. Bardem) et découvrir son objectif, à la fois mystérieux et mortel.
La critique : James Bond continue son bonhomme de chemin dans l’ère Daniel Craig et il y a fort à parier que ce Skyfall sera sans doute le Bond le plus marquant de cette période.
Et s’il ne l’est pas, il restera néanmoins le plus marquant des trois opus déjà tournés avec Craig dans le rôle titre. Skyfall brille sous plusieurs aspects. Son scénario d’abord est tout simplement en béton. S’il reste, je le concède, quelques petites erreurs facilement pardonnables au final, il n’en demeure pas moins que cette histoire là tient largement la route. Il y a tout ce qu’il faut : action, rebondissements, retournements de situation… Le tout est très bien calibré. Mais surtout, ce scénario est différent de ceux que l’on a pu voir auparavant dans la franchise 007 car il va explorer des terres jusqu’alors vierges de toute tentative d’approche : le passé de James Bond, celui de M… Et cela amène à un film plus intimiste par moments que n’a pu l’être toute la saga depuis Dr. No. On touche Bond au plus profond du personnage et, finalement, le film vient construire un peu plus le mythe. Il l’enrichit de détails que ceux qui n’ont suivi que les films ne connaissaient pas. Et puisque l’on parle de M, soulignons qu’enfin, Judi Dench se voit offrir un rôle à sa hauteur. Jamais M n’a été aussi importante dans l’intrigue d’un Bond et jamais on ne lui avait donné autant de profondeur et de complexité. C’est un réel plaisir de pouvoir enfin découvrir un peu plus ce personnage emblématique et surtout de voir son interprète s’exprimer au-delà des conventions habituelles. Mais au-delà de tout cela, on verra à travers Skyfall un vibrant hommage à l’agent secret le plus connu au monde. Car Sam Mendes (dont le choix comme réalisateur avait rapidement provoqué un début de tollé chez les fans) a décidé de remettre au gout du jour certains éléments abandonnés en même temps que Pierce Brosnan. L’humour par exemple est de retour dans ce 23ème opus, même s’il est plus souvent cynique/ironique qu’autre chose mais c’est bien celui là que Ian Fleming avait décidé de donner à son héros. Et ce n’est pas le seul retour marquant dans la franchise car Q, l’inventeur de gadgets au moins aussi célèbre que Bond, est également là à nouveau. Rajeuni sous les traits de Ben Wishaw, ce personnage revient en fait dans une forme jeune dont on aurait pu imaginer que le Q de Desmond Llewelyn a été dans sa propre jeunesse. Cerise sur le gâteau, la dernière réplique lancée par ce nouveau Q lors de la première rencontre entre celui-ci est Bond est un réel plaisir. On notera aussi le retour d’un autre personnage (ou plutôt deux en fait) mais je n’en dis pas plus pour ne pas gâcher le plaisir de ceux qui ne l’ont pas vu. Enfin, sans dire un mot sur le contenu de celle-ci, je tiens à souligner l’excellence de l’ultime scène du film, qui, à elle-seule résume le caractère hommage de Skyfall à l’ensemble de la saga.
Côté casting, Daniel Craig enfile donc une 3ème fois le costume de 007 et ce n’est pas pour me déplaire. Je l’avais déjà beaucoup apprécié dans Casino Royale et Quantum of Solace et il ne fait ici que confirmer tout ce que j’avais déjà pu penser de lui alors, pour simplifier les choses, je vous renvoie aux critiques de ces deux films pour que vous donner mon avis. Javier Bardem en revanche mérite plus d’égards. Il campe ici le méchant du film, un être que l’on pourrait à la fois qualifier de dérangé et de dérangeant. En cela, il s’inscrit dans la lignée de la plupart des méchants bondiens et Bardem semble avoir complètement compris cela. Il offre alors une prestation millimétrée qui ne laisse rien à redire tant ce méchant là est idéal. C’est le méchant dont les deux précédents opus nous avaient privés, celui qui laisse le doute, qui laisse croire que le happy end ne va peut-être pas être de rigueur. Judi est quant à elle au sommet de son art. Profitant d'un rôle beaucoup plus enlevé que d'habitude dans la saga, l'actrice réussit à rapeller à ceux qui l'aurait oublier qu'elle ne sait pas qu'être la patronne de Bond qu'on ne voit qu'à quelques reprises dnas le film. Non, cette fois, elle profite de sa plus grande présence à l'écran pour étaler tout son talent avec brio et réussir à faire ce qu'aucun M n'avait fait jusque là : nous émouvoir ! Bérénice Marlohe en revanche n'est pas vraiment excellente. Elle a ce côté femme fatale bondesque que l'on retrouvait notamment avec Eva Green dans Casino Royale mais son jeu est relativement limité et l'actrice ne s'exprime pas assez. Pourtant, vu son personnage, elle pourrait faire passer beaucoup plus de choses que ça... Ralph Fiennes enfin fait son entrée dans l'univers Bond. Et quelle entrée ! Si le personnage de Mallory semble d'abord être un petit bureaucrate coincé, il se révèle peu à peu et Fiennes réussit à aller crescendo dans son interprétation pour faire comprendre au spectateur que non, Mallory n'est définitivement pas un petit bureaucrate coincé.
Sam Mendes réussit donc à faire oublier qu'il était le réalisateur mal-venu pour les fans en offrant à ces derniers un pur régal. Hommage de A à Z à l'ensemble de la saga, ce Skyfall se regarde avec des yeux d'enfants ébahis non seulement par le film mais aussi par la myriade de symboles et références que l'on y trouve.
Le "Oh, au fait !" :
Daniel Craig (dont les deux ex-007 Sean Connery et Roger Moore estiment qu'il est un excellent James Bond) a d'ores et déjà signé pour deux autres aventures dans le costume de l'agent secret.
La maison de M dans le film est en réalité l'ancienne demeure de John Barry, le compostiteur du célèbre thème de 007.