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Bienvenue sur Tranches de Ciné. Ce blog a pour but de vous faire découvrir ou redécouvrir des films de tous genres.

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Elephant Man, David Lynch, 1980

     Elephant Man, biopic de David Lynch. Avec John Hurt, Anthony Hopkins, John Gielgud, Anne Bancroft...

La note de Tranches de Ciné : 4,5/5elephant_man_affiche1.jpg

 

     Le pitch : Dans le Londres du XIXème siècle, un monstre de foire attire l'attention du docteur Trevez (A. Hopkins) : l'Homme Eléphant (J. Hurt). Complètement difforme et défiguré, celui qui s'appelle en réalité John Merrick échappe grâce au docteur Treves aux mauvais traitement de son propriétaire. Et le médecin ne tardera pas à découvrir que derrière cette apparence repoussante se cache en fait un homme doux et intelligent.

 

     La critique : Premier d'une longue série de succès pour David Lynch, Elephant Man est l'un des films les plus émouvants que l'on puisse connaître.

     Car cette histoire, tirée de faits réels, ne peut pas laisser de marbre. Comment pourrait-on ne pas être attristé par le sort misérable de John Merrick ? Tous les événements qui se produisent dans sa vie sont si ignobles qu'on ne peut s'empêcher de se prendre d'affection pour lui. Et à partir de là, David Lynch ne vous lâche pas. Il transcende chaque chose, chaque temps pour en faire quelque chose de plus fort. La moindre petite étincelle de joie dans la voix de Merrick devient un âvre de bonheur tandis que chaque mésaventure vous rend aussi triste que si vous l'aviez vécue. En effet, le réalisateur s'attache particulièrement, et à travers une mise en scène parfaitement soignée, à faire participer son spectateur qui, au-delà de simplement regarder le film, le vit et accompagne John Merrick jusqu'au bout. Si on pourra reprocher à David Lynch d'avoir usé et abusé de certains effets un peu vieillis (la multiplication à l'extrême des fondus au noir devient finalement indigeste), on lui accordera néanmoins d'avoir su choisir le noir et blanc pour nous raconter cette histoire où, justement, tout oscille entre noir et blanc, jusqu'au personnage du docteur Treves qui, à un certain moment, ne sait plus trop s'il est dans le bien ou dans le mal. Le choix était audacieux mais le résultat est là. On appréciera aussi que Lynch ait développé sa réflexion autour de la situation de Merrick à l'hôpital où Treves l'a emmené. Finalement, l'hôpital ne devient-il pas une autre foire aux monstres ? Mais Lynch invite à réagir plus loin que cela, sur les conséquences involontaires de nos actes.

     Côté casting, John Hurt réussit malgré l'incroyable maquillage qu'il porte ici à donner toute son humanité à John Merrick. Il l'interprète de telle manière que l'aspect difforme du personnage, d'abord exacerbé, devient presque secondaire pour nous qui le suivons et savons quel homme il est. John Hurt est donc ici parfait. Quant à Anthony Hopkins, il incarne le docteur Treves avec talent mais ne semble pour autant pas aller chercher plus loin dans son jeu. Si celui-ci n'est pas à véritablement critiquer, il n'est en effet pas au niveau d'autres prestations de l'acteur.

     Elephant Man est donc l'un de ces films qu'il faut avoir vu au moins une fois pour avoir envie de le revoir.

 

     Le "Oh, au fait !" :

     Nommé aux Oscars 1981 pour Meilleur Film, Meilleur Acteur et Meilleur Réalisateur, ce film n'obtint finalement aucune statuette, ce qui ne l'empêchera cependant pas de décrocher le César 1982 du Meilleur Film étranger.

     Le maquillage utilisé pour John Hurt a été directement réalisé à partir des moules en plâtre réalisé sur la tête du véritable John Merrick.

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