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La Taupe, film d'espionnage de Tomas Alfredson. Avec Gary Oldman, Benedict Cumberbatch, Colin Firth, Tom Hardy...
La note de Tranches de Ciné : 4/5
Le pitch : Pendant la Guerre Froide, les Britanniques envoient leurs agents espionner leurs ennemis russes mais après une mission ratée en Hongrie, Controle (J. Hurt), le patron du MI6 et son bras droit Smiley (G. Oldman) sont renvoyés. Mais Smiley est bientôt secrètement remis dans le circuit par le gouvernement qui sait qu'une taupe a réussi à infiltrer le MI6 dans les plus hautes sphères pour transmettre des informations à l'ennemi.
La critique : Quand on parle de films d'espionnage, on pense le plus souvent à James Bond, la faute à un manque du côté de ce genre une fois que l'on est sorti des aventures de 007. Pourtant, La Taupe vient nous prouver que le plus célèbre espion du MI6 n'a pas vraiment le monopole du film d'espionnage.
Tomas Alfredson réussit en effet à composer un film digne des meilleures oeuvres du genre tout en évitant de tomber dans le piège qui aurait été de faire une sorte de copie de James Bond. Non, ici le réalisateur s'attache à apporter quelque chose non pas de nouveau mais de différent de ce que l'on est habitué à voir dans ce domaine. Il retourne aux véritables racines du film d'espionnage, où l'action pure et dure est mise au second plan. Bon, il faut reconnaître qu'ici c'est même plus qu'au second plan que l'action est remisée mais cela ne change rien ou pas grand chose. Car La Taupe jouit d'un scénario excellent. Adapté du roman de John Le Carré paru en 1974, ce scénario là est redoutable d'ingéniosité. Il joue avec les codes du genre et réussit à créer une ambiance pesante qui correspond idéalement à l'histoire qui nous est racontée, histoire où chaque personnage pourrait bien voir le ciel lui tomber sur la tête. En fait, du début à la fin, presque aucun personnage n'est épargnée par la menace générale qui pèse. Si les dialogues sont omniprésents et peuvent potentiellement perdre le spectateur, ils sont néanmoins indispensables, tant dans leur nombre que dans leur forme et leur contenu pour faire avancer l'histoire et contribuer à cette atmosphère générale.
Côté casting, on pourrait donner un bon 5/5 rien que pour cela. Gary Oldman, Colin Firth, John Hurt, Benedict Cumberbatch (et j'en passe) sont autant de noms prestigieux que d'acteurs de talent. Chacun d'entre eux compose proprement son personnage et lui donne un air particulier. Là où chaque acteur est unique en son genre, leurs personnages respectifs le sont également, et cela grâce à un ensemble de prestations toutes plus réussies les unes que les autres. Mention spéciale cependant pour Gary Oldman, extrêmement sobre mais également profondément ancré dans cette atmosphère que je décrivais plus haut.
Tomas Alfredson adapte donc avec un brio certain le best-seller de John Le Carré et nous offre ainsi un des meilleurs films d'espionnage des dernières années.
Le "Oh, au fait !" :
Le roman à l'origine de ce film est en fait le premier volet d'un trilogie. Cela laisse donc espérer une trilogie cinématographique, idée renforcée par l'annonce faite selon laquelle un deuxième film serait en préparation.
Plusieurs désistements d'acteurs se sont produits avant le tournage. Michael Fassbender a ainsi laissé sa place à Tom Hardy, préférant jouer dans X-Men - Le Commencement. Jared Harris a également renoncé à ce film pour tourner Sherlock Holmes 2 - Jeu d'Ombres.